Le général Aziz tente de faire croire au monde qu’il cherche à assainir la vie économique de son pays. C’est un mensonge.

Le général Aziz tente de faire croire au monde que l’affaire a une dimension tribale. C’est au moins en partie faux.

Les hommes d’affaires arbitrairement arrêtés en décembre en Mauritanie sont certains des plus anciens et des plus respectés businessmen du pays. Contrairement à ce que répètent Aziz et ses sbires, ils ne doivent pas leurs fortunes à leur proximité avec tel ou tel régime car ils ont fait des affaires avec tous les régimes.

La réalité tribale existe en Mauritanie, c’est indéniable. Mais le compromis et le dialogue aussi. quand une tribu prend le pouvoir, il est évident que ses hommes d’affaires sont en position de force, mais jusqu’à présent, les hommes d’affaires des autres tribus restaient malgré tout dans le jeu!

Sinon Bouhamatou n’aurait jamais fait d’affaires sous Oul Taya!!

Mais Aziz ne voit pas les choses comme ça. Il ne souhaite pas en réalité favoriser sa tribu. Il cherche à récupérer pour lui et ses proches les richesses de la Mauritanie.

La Mauritanie a connu de nombreux dictateurs. Mais un président voleur, c’est une première innacceptable. On ne peut pas diriger un pays quand notre motivation est l’appât du gain.

Le général Aziz va mener le pays à sa perte.

Les indications du durcissement du régime du général Aziz sont nombreuses. L’une des plus frappantes est l’opération baptisée « Predad » et qui vise à monter des dossiers (vrais ou faux) contre tous les fonctionnaires du pays afin d’être en mesure de les faire chanter si nécessaire.

La mise en place de ce projet a été confié à l’éminence grise du général Aziz, le directeur général de la sureté nationale, le redouté Mohamed Ould Hadi.

Autant dire que les fonctionnaires mauritaniens ne doivent pas s’attendre à des cadeaux tant l’homme est réputé pour sa cruauté.

Selon des informations obtenues à Nouakchott, Mohamed Ould Hadi s’était vu confié les clés de cette opération dès le début 2009, afin de « préparer » les élections présidentielles de juin (finalement repoussées à juillet).

L’objectif de « Predad » consiste à collecter un maximum d’informations sur les fonctionnaires et leur fortune personnelle, non pas pour lutter contre la gabegie comme Aziz ne cesse de le répéter, mais bel et bien pour les faire chanter.

Un document qui circule à Nouakchott depuis plusieurs jours démontre que le chef de junte mauritanien, le général Aziz, a massivement truqué les élections présidentielles de juillet 2009 qu’il a remporté.

Selon ce document, rédigé de la main du redoutable directeur général de la Sûreté nationale, le général Mohamed Ould Hadi, une équipe d’informaticiens marocains a été recrutée par le candidat Aziz pour traffiquer en amont les fichiers électoraux.

Cette fraude de grande ampleur d’un genre nouveau a le double avantage d’être très discrète (plus besoin d’aller remplir les urnes ou de faire pression sur les électeurs) et d’être infaillible.

Selon le document de Mohamed Ould Hadi, l’équipe de dix informaticiens a été hébergée pendant toute la durée du processus électoral au onzième étage de l’hotel El Khayma à Nouakchott.

Les informaticiens sont restés enfermés dans leur chambre avec interdiction formelle de sortir. Chaque soir, ils recevaient la visite du candidat putschiste Aziz qui venait vérifier l’avancée des travaux.

On comprend mieux ainsi la large victoire du général Aziz qui a surpris tous les observateurs de la vie politique mauritanienne.

Le chef de junte mauritanien, le général Mohamed Ould Abdel Aziz, invoque depuis plusieurs semaines la « lutte contre la gabegie », pour justifier les arrestations sommaires d’hommes d’affaires mauritaniens.

Les visées du général Aziz sont en réalité bien différentes et le putschiste cherche avant tout à démanteler les grands groupes industriels mauritaniens (dont les patrons se trouvent à l’heure actuelle incarcérés) afin de s’accaparer leurs activités les plus juteuses.

A la différence de ses prédécesseurs (qui prenaient tout autant que lui d’aises avec l’indépendance de la justice), Aziz est un prédateur économique. Il se doute qu’il ne restera pas au pouvoir éternellement et il compte bien, comme il s’en vante d’ailleurs paraît-il en petit comité, devenir « l’homme le plus riche de Mauritanie ».

Les arrestations arbitraires auxquelles nous avons assisté ces dernières semaines ne sont rien de moins qu’une tentative de destruction des fondements mêmes du secteur privé mauritanien qui repose essentiellement sur les trois grands groupes mis en cause par cette procédure.

Je reviendrai dans un autre article sur cette procédure qui n’a pas de réelle base juridique et qui a en plus été mené au mépris le plus absolu des règles de droit.

Le cœur de la situation actuelle est qu’un homme, le général Aziz, qui suite à un coup d’état a renversé un président démocratiquement élu (le seul depuis l’indépendance de la Mauritanie), est en train d’éliminer toute forme de concurrence en Mauritanie.

Les conséquences seront dramatiques pour l’économie du pays. Au-delà de l’injustice pour les hommes d’affaires incarcérés, on assiste à une manœuvre de spoliation sans précédent des ressources économiques du pays, qui aboutira si elle réussit, à détruire le tissu économique, pourtant déjà si fragile, du pays. La Mauritanie a besoin d’un secteur privé autonome et dynamique.

Les visées commerciales du général Aziz vont laminer les investisseurs privés mauritaniens et durablement entamer la crédibilité économique de notre pays. J’imagine que face à ce fiasco, les entrepreneurs européens présents en Mauritanie doivent se poser des questions et que ceux qui prévoyaient de s’y installer y réfléchiront à deux fois.

L’opposition mauritanienne a dénoncé la semaine dernière les dérives autoritaires du général Aziz après l’arrestation de Chrif Ould Mohamed Abdallah, Abdou Ould Maham et Mohamed Ould Noueygued, trois hommes d’affaires mauritaniens respectés et vitaux pour l’économie du pays.

Les partis d’opposition dénoncent la volonté du chef de junte de s’approprier les secteurs clés de l’économie mauritanienne et de détruire le secteur privé mauritanien, pourtant générateur d’emploi et de croissance.

Ci-dessous le communiqué:

Depuis son avènement au pouvoir par la force des armes et d’une élection particulièrement opaque, le général Mohamed Ould Abdel Aziz se présentant comme le Président des Pauvres,  s’évertue d’utiliser le thème sensible de la lutte contre la gabegie pour faire pression sur certains de ses adversaires politiques et compenser son grave déficit de légitimité populaire. Cet élan dangereux vient de franchir un seuil inquiétant par la prise en otages le jeudi 03 /12 /2009, de plusieurs hommes d’affaires dont la faute est d’avoir soutenu d’autres candidats lors des élections contestées du 18 juillet 2009, et au moment où les services de sécurité nationaux  font face à des défis majeurs –notamment  le rapt de citoyens d’un pays voisin et ami venus chez nous dans le cadre d’une mission humanitaire.

Face à cette situation,  les partis  soussignés :
1.    Rappellent que l’assainissement de l’économie nationale et la moralisation de la gestion des affaires publiques ont toujours été et demeurent une revendication des Partis signataires et constituent une aspiration légitime de notre Peuple ;

2.     Sont convaincus de la nécessité de mettre fin aux pratiques immorales et dangereuses pour l’économie ,la survie du pays, que sont le détournement des deniers publics, le gaspillage de l’aide extérieure, le népotisme,  la corruption,le blanchiment d’argent et  le trafic narcotique ;

3-  Considèrent que toute politique de moralisation des affaires publiques est vouée à l’échec tant  qu’elle n’implique pas l’ensemble des forces vives du pays et  ne traduit  pas l’expression d’un choix national responsable, conscient et concerté ;

4- estiment qu’aucun travail contre la gabegie ne saurait être crédible en l’absence de l’éclaircissement de la gestion de la période transitoire du général qui prétend s’acquitter lui même. L’opposition estime que le traitement de la gabegie d’avant 2005 ne saurait être engagé en l’absence d’un cadre concerté, transparent et dans le plein respect des lois et règlements en vigueur ;

5- Mettent en garde le pouvoir contre les conséquences de sa politique  formulée à l’emporte-pièce , menée de façon improvisée, partisane et sélective  qui revêt  l’aspect évident d’une politique de règlement de comptes  faisant   peser une grave menace sur l’économie nationale,  la crédibilité de l’Etat et la stabilité du pays..

6-Appellent l’opinion nationale et internationale à prendre à sa juste mesure  la politique démagogique du General Ould Abdelaziz et à soutenir la  présente proposition pour éviter à notre pays  de tomber dans  le  désordre  dont le spectre se fait de plus en plus menaçant.  

Nouakchott, le 5 Décembre 2009

Les Partis signataires ;

AFCD
ADIL
Alternative
APP
PLEJ
RDPM
RFD
UFP
UNAD

Le communiqué des avocats des trois hommes d’affaires mauritaniens arrêtés par le régime du général Aziz explique point par point les lacunes et incohérences du dossier judiciaire et met mal à l’aise le chef de la junte qui ne parvient pas à justifier aux yeux de l’opinion mauritanienne l’arrestation arbitraire de trois hommes d’affaires majeurs pour la vie économique du pays.

Le communiqué démontre surtout les vraies raisons de leur arrestation: la volonté d’Aziz de spolier les entrepreneurs mauritaniens et de prendre le contrôle des principales richesses de la Mauritanie.

Ci-dessous le communiqué qui apporte de nombreuses explications sur ce dossier:

La défense des hommes d’affaires, mis en garde à vue irrégulière à la Direction de la Lutte contre la Criminalité Économique et Financière, tient à rendre publiques les données suivantes :

– Messieurs Chrif Ould Mohamed Abdallah, Abdou Ould Maham et Mohamed Ould Noueygued ont été mis en garde à vue suite aux paiements par l’Etat des montants qui avaient été effectués en faveur des sociétés appartenant à leurs groupes.

– Ces montants correspondent à la prise en charge partielle par l’Etat du déficit enregistré par ces opérateurs dans le secteur agricole

– En réponse à leurs demandes adressées au Ministre du Développement Rural, le Gouvernement Mauritanien a procédé au paiement d’une partie des pertes subies

– Ce premier paiement correspondait à une partie du déficit au titre de l’achat du paddy. Quant aux déficits des autres volets, ils feront l’objet de prise en charge par l’Etat selon des modalités que les parties devraient arrêter d’un commun accord.

– En dépit de la clarté des données de cette affaire, la Banque Centrale a exigé des intéressés de restituer les fonds octroyés

– Les intéressés ont été interpellés par la brigade financière et conduits par devant le Procureur de la République malgré le caractère exclusivement commercial de l’affaire.

– Le dimanche 22/11/09, le Procureur de la République les met devant deux choix ou négocier avec la Banque Centrale les conditions de restitution de ces fonds ou aller en prison.

– Du bureau du Procureur de la République, ils se sont dirigés vers la Banque Centrale pour entamer les négociations avec le Gouverneur qui ont abouti le mercredi 25/11/2009 à l’accord dont les termes suivent :

– Un paiement de 50% selon les modalités ci -après :

      25% dans l’immédiat

      25% en 2010

– Le reliquat soit 50% suivant un échéancier à convenir ultérieurement

Le lundi 30/11/09, la Banque Centrale convoque nos clients pour leur signifier sa rétractation par rapport à l’accord convenu en exigeant à nouveau le paiement d’intérêts.

En réponse à cette exigence, nos clients rétorquent, d’une part que les fonds qui leur avaient été octroyés ne l’étaient pas dans le cadre d’une convention de prêt et ne pouvaient générer à cet égard d’intérêts et d’autre part, ils n’ont point la possibilité financière de faire face à de telles demandes exorbitantes et injustifiées.

Suite à ces différents échanges, la Banque Centrale a accepté de s’en tenir aux termes de l’accord initial (du 25/11/2009) en exigeant le respect scrupuleux de l’échéancier convenu et le paiement du premier acompte le jeudi 03/12/2009 avant la fin de la journée.

En exécution de l’accord, nos clients ont effectué les paiements par virements et chèque dûment encaissés par la Banque Centrale le jeudi 03/12/2009 à 11h 40 minutes.

A leur surprise, ils sont convoqués à nouveau, ce même jour à 14H, à la brigade financière et conduits par la force publique dans les bureaux du Procureur de la République puis du Procureur Général qui les a envoyés en garde à vue à la brigade financière.

Il ressort alors que tous les actes exécutés par le Ministère Public constituent une violation grave des procédures en vigueur notamment par le non respect de leurs droits sacrés de défense, par la privation de l’assistance de leurs avocats alors qu’ils ne font l’objet d’aucune poursuite et qu’il s’agit d’une affaire strictement commerciale qui ne saurait en aucun cas relever du domaine pénal.

C’est pourquoi, la défense informe l’opinion toute entière :

– Que les intéressés avaient défini avec le Gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie les termes de l’accord sur les conditions et modalités de restitution des fonds et passé à son exécution par le paiement des acomptes aux dates convenues et que la Banque Centrale s’est rétractée en reniant sans raison les engagements qu’elle avait pris

– Que le Ministère public, violant les principes élémentaires de procédure et de respect des droits de défense, use de la terreur et de la pression comme nouvelles règles de poursuite.

Devant cette situation particulièrement grave qui découle du non respect des engagements pris par la Banque Centrale de Mauritanie, de la violation des règles de procédure par le Ministère Public et de la séquestration de citoyens innocents, la défense s’adresse aux plus Hautes Autorités de l’Etat prises en la personne de Monsieur le Président de la République, pour solliciter son arbitrage aux fins de redressement de ces atteintes graves au crédit de l’Etat et aux procédures judiciaires pour que la force de la loi soit sauve pour la sauvegarde des libertés individuelles du citoyen et ce par :

– la fin de la garde à vue de paisibles citoyens

– et l’exécution des termes de l’accord négocié et arrêté avec le Gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie.

Nouakchott le 05/12/2009

La défense

Publié par : kasseem | 14 décembre 2009

Dénoncer la dérive dictatoriale du régime d’Aziz

Le général Mohamed Ould Abdel Aziz a pris le pouvoir en 2008 en Mauritanie après avoir renversé le premier président démocratiquement élu de l’histoire du pays, Sidi Cheikh Ould Abdallahi.

Aziz, un militaire sans éducation ni vision, a mené le putsch avant d’organiser des élections très contestées pour se draper dans l’illusion de la démocratie.

Depuis, sa véritable nature se révèle et son régime devient chaque jour plus oppressif et dictatorial.

Pire, Aziz et ses hommes organisent depuis plusieurs mois une mise à sac et un démantellement de l’économie mauritanienne pour prendre la main sur les différents secteurs stratégiques du pays.

Ainsi, Aziz a récemment fait arrêter les principaux hommes d’affaires du pays et il se targue de récupérer leurs entreprises.

Ce blog a pour objectif de dénoncer la dictature d’Aziz et notamment de montrer le danger que représente cet homme pour la Mauritanie.

« Newer Posts

Catégories